RÉGLEMENTATION
Mars 2025 · 6 min de lecture
La CSRD entre en application progressivement à partir de 2024. Elle impose aux entreprises un reporting détaillé de leurs émissions Scope 3, y compris les activités numériques. Les équipes media ne sont pas préparées. Voici pourquoi, et ce qu'il faut faire.
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) remplace la DPEF et élargit considérablement le périmètre de reporting. Là où la DPEF concernait les grandes entreprises cotées, la CSRD s'applique progressivement à toutes les entreprises dépassant certains seuils, avec une montée en charge sur 2024-2026.
Le Scope 3 inclut les émissions indirectes, dont les achats de services numériques (publicité digitale, hébergement, SaaS). Ce n'est pas optionnel : si votre budget digital est significatif, il entre dans votre périmètre de reporting obligatoire.
La directive introduit aussi le principe de « double matérialité » : il ne s'agit plus seulement de mesurer l'impact de votre entreprise sur le climat, mais aussi l'impact du climat sur votre activité. Pour les directions marketing, cela signifie que l'empreinte carbone de vos campagnes digitales doit être mesurée, documentée et intégrée au rapport de durabilité.
Premier calendrier d'application : les entreprises de plus de 500 salariés (EIP) pour l'exercice 2024, avec rapport publié en 2025. Puis extension progressive aux entreprises de plus de 250 salariés ou dépassant 40 M€ de chiffre d'affaires.
Les postes numériques entrent principalement dans le Scope 3, catégorie 1 (achats de biens et services) et catégorie 11 (utilisation des produits vendus, selon les secteurs). Concrètement, les activités suivantes sont concernées :
La distinction entre Scope 3 catégorie 1 et 11 dépend du modèle économique. Pour la plupart des annonceurs, les achats de publicité digitale relèvent de la catégorie 1. Le site web et ses usages par les clients peuvent relever de la catégorie 11 selon les activités.
Les équipes media disposent de données de performance très granulaires : impressions, clics, taux de conversion, ROAS par levier et par format. Ces données existent, elles sont accessibles. Ce qui manque, c'est la couche carbone au même niveau de granularité.
Les estimations par forfait, par exemple un nombre fixe de gCO₂ par impression, ne sont pas suffisamment précises pour un reporting CSRD. La réglementation demande une donnée structurée, avec une méthodologie documentée et des sources référencées. Un ordre de grandeur annuel ne suffit plus.
Le fossé entre les équipes RSE, qui doivent produire le rapport, et les équipes media, qui détiennent les données, est réel. Les deux équipes travaillent rarement ensemble sur ces sujets. C'est ce fossé qu'il faut commencer à combler.
| Taille d'entreprise | Première application CSRD | Ce qu'il faut avoir en place |
|---|---|---|
| Plus de 500 salariés (EIP) | Exercice 2024, rapport 2025 | Données 2024 collectées et structurées |
| Plus de 250 salariés ou plus de 40 M€ CA | Exercice 2025, rapport 2026 | Méthodologie en place en 2025 |
| PME cotées | Exercice 2026, rapport 2027 | Temps de se préparer, mais agir maintenant |
Ce calendrier est ferme pour les entreprises concernées. Les PME non cotées ont plus de temps, mais la préparation méthodologique prend du temps. Commencer maintenant permet d'éviter de se retrouver à devoir mesurer rétrospectivement.
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